DR NICHOLAS CULLINAN

Dr Nicholas Cullinan est né dans le Connecticut, aux États-Unis, mais a grandi dans le Yorkshire, au Royaume-Uni. Directeur de la National Portrait Gallery de Londres, il a auparavant été le conservateur d’institutions culturelles parmi les plus importantes du monde, dont le Metropolitan Museum of Art de New York et la Tate Modern de Londres.

Pourriez-vous retracer votre parcours et votre histoire avec la National Portrait Gallery ?

Je suis née aux États-Unis, mais mes parents étaient britanniques. Nous sommes retournés en Angleterre lorsque j’avais quatre ou cinq ans, et j’ai grandi donc dans le Yorkshire, à Hebden Bridge. J’étais scolarisé à la maison, donc, fait assez original, je ne suis pas allée à l’école. Enfant, j’ai visité de nombreux musées, mais c’est à l’adolescence que j’ai développé une vraie passion pour l’histoire de l’art. Ma relation avec la National Portrait Gallery remonte à loin et compte beaucoup. Pendant mes études, entre 2001 et 2003, j’y ai travaillé à temps partiel en tant qu’assistant des services aux visiteurs. C’est un lieu très spécial pour moi.

Parlez-nous de votre carrière de conservateur.

Quand j’étais jeune, je visitais régulièrement les Galeries de l’Académie de Venise, ouvertes tard le mercredi soir, et c’est là, en lisant mon guide, que j’ai compris le pouvoir incroyable des artefacts visuels à fusionner littérature, histoire, philosophie, langage et politique. Mon premier emploi à temps plein a été à la Tate Modern, où j’ai travaillé sur des expositions, dont Henri Matisse : The Cut-Outs. Je suis ensuite retourné à New York, où j’ai rejoint le Metropolitan Museum of Art, avant de revenir à la National Portrait pour y occuper le poste de directeur. Voilà l’histoire de ma vie !

Quelles réalisations ou expositions font la fierté de vos fonctions actuelles ?

La réouverture de la nouvelle National Portrait Gallery a été extraordinaire. Il est si rare de pouvoir transformer de l’intérieur et réinventer une institution nationale très appréciée absolument de fond en comble, de son bâtiment à sa collection en passant par sa marque et son identité visuelle. Vraiment tout ! Je suis très fier aussi de nombreuses expositions. J’adore travailler avec de grands artistes contemporains. En 2018, nous avons travaillé avec Tacita Dean sur la première exposition de films du musée, dans le cadre d’une collaboration sans précédent entre la Royal Academy of Arts et la National Gallery. J’aime faire des choses qui n’ont encore jamais été faites.

La National Portrait Gallery incarne l’essence de l’identité britannique. Comment la définissez-vous dans le contexte de la collection du musée ?

Effectivement, la mission de notre galerie est tout à fait unique. Lors de sa création en 1856, la National Portrait Gallery était la première galerie de portraits au monde. Notre collection vise à retracer l’histoire britannique à travers cette incroyable tapisserie d’individus et de leur portrait. De ce point de vue, l’identité britannique est vraiment au cœur de tout ce que nous faisons. Mais, nous racontons aussi une histoire plus vaste de cette identité, celle des personnes qui sont venues au Royaume-Uni et l’ont incroyablement enrichi, qu’il s’agisse d’artistes tels Holbein et Van Dyck ou de portraits contemporains comme celui de Malala Yousafzai, la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix. Elle s’est installée à Birmingham après que les talibans lui ont tiré dessus. Son portrait, par Shirin Neshat, est exposé dans l’aile Weston. J’ai proposé cette acquisition pendant mon entretien d’embauche. La Grande-Bretagne a toujours accueilli les gens et les idées. Nous sommes une île, mais nous sommes surtout une nation qui a su utiliser le commerce pour se connecter au reste du monde, collaborer et échanger intellectuellement. Pour moi, c’est la meilleure représentation de l’identité britannique.

Selon vous, comment la collection du musée fait-elle le lien entre le style et l’art ?

La mode et les costumes sont des aspects très importants de notre collection. Les personnes qui posent choisissent généralement très consciemment les vêtements qu’elles portent. Dans les portraits de l’ère Tudor, par exemple, les tenues incroyables que portent les sujets et les tapis ouvragés de leur décor nous en disent long sur la vie qu’ils menaient.

Comment le musée a-t-il fait évoluer sa représentation de l’identité britannique pour refléter la multiculturalité du XXIe siècle ?

Notre collection évolue en même temps que la Grande-Bretagne. Pour la réouverture du musée, nous avons veillé à ce que la collection représente la Grande-Bretagne d’hier et d’aujourd’hui, dans toute sa variété et sa complexité. Nous considérons notre collection et notre galerie comme un portrait vivant de la Grande-Bretagne. La réaction des visiteurs, nouveaux ou habitués, a été phénoménale. Les gens ont désormais le sentiment que la National Portrait Gallery reflète notre pays tel qu’ils en font l’expérience, et c’est très positif.

Quels sont les principes ou les valeurs que vous privilégiez pour maintenir la vision sans compromis du musée ?

La qualité est essentielle. Il faut toujours considérer la qualité avec laquelle on fait les choses. Je pense qu’il est crucial de ne jamais douter du public ni de préjuger de ce qu’il veut. L’intelligence et la curiosité des gens doivent être respectées. Il est important de prendre des risques, d’être courageux et de ne pas se contenter d’imiter les autres. Les valeurs que je priorise sont l’innovation et la découverte.

Dr Nicholas Cullinan est photographié à la National Portrait Gallery de Londres portant la collection automne-hiver 2023 de dunhill.

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